Biographie

François Maze, dit Fabrice Maze, est né le 5 décembre 1949 à Paris. Il est Sagittaire ascendant Taureau.

Sa mère, Colette Saulnier, pianiste, est née le 16 juin 1914 et son père, Hubert Dumas ( 1920-1969) était écrivain et haut fonctionnaire de l’ORTF.

Il effectue une scolarité moyenne dans les écoles du XVII ème arrondissement. Il est plutôt rêveur et s’échappe dans son imaginaire. L’existence est ailleurs. iI poursuit ses études dans des internats et des cours privés. Il s’intéresse plus à la littérature et à l’art qu’aux sciences et aux langues mortes.

Il passe son bac à l’École Française des Attachés de Presse (EFAP) et obtient son diplôme du Centre de Formation des Journalistes (C.F.J) de la rue du Louvre, promotion 1972.

À partir de 1970, il réalise avec ses amis proches quatre courts-métrages en 16mm Noir & Blanc d’inspiration onirique et surréaliste.

Le journalisme répond à sa grande curiosité dans les domaines les plus divers: le merveilleux, la littérature, la parapsychologie, le jazz, la photographie, le cinéma, l’aviation, l’athlétisme, l’automobile.

Il décide alors de faire sa vie dans le monde de la télévision car il pressent que la future révolution sera audiovisuelle.

«  Mon enfance fut marquée par le départ de mon père en 1951. Ma mère, fille-mère dans une famille de la haute bourgeoisie, fut mise au banc de la famille et de la société. Elle assura le quotidien assez précaire en devenant accompagnatrice de cours de danse à la Ville de Paris.

Ma scolarité se passa sans encombre, mais j’étais plutôt rêveur que studieux. N’étant ni doué pour les langues mortes, ni pour les mathématiques, mon avenir se dessina vite dans les écoles privées. Après la caserne des écoles d’après-guerre et du lycée Carnot, les internats prirent la relève.

Ces années renforcèrent mon imaginaire, la seule possibilité de survivre dans ces univers policés et réglementés.

Le mariage en 1960 de ma mère avec Emile Maze âgé de 38 ans de plus qu’elle, fut évidemment un échec. Cet homme bon et souvent colérique, peintre amateur, presqu’aveugle, né en 1876, ne pouvait s’adapter à la vie parisienne.

Il partit terminer sa vie dans le petit village de Sainte-Agnès dans l’arrière-pays Mentonnais. Il a eu la générosité de me reconnaître et c’est ainsi que, portant jusque là le nom de jeune fille de ma mère, je choisissais le nom de mon beau-père. Fabrice Maze entrait en scène en 1960 !

En 1966, ma mère, grâce à son héritage, déménagea du modeste rez-de-chaussée du 76, Bd Pereire pour un appartement au 14ème étage au bord de la Seine. En quittant l’internat pour vivre à nouveau à Paris, je goûtais enfin à la liberté et je jubilais de ce souffle de révolte de mai 1968 que je vécus intensément.

Je choisissais le journalisme à défaut de pouvoir entrer à l’IDHEC car j’avais dépassé l’âge de l’admission. Mais je rêvais d’un journalisme à la Kessel, plutôt romantique et je réalisais que la prochaine grande révolution serait celle de l’audiovisuel.

C’est ainsi que je présentais, pour la première fois au Centre de Formation des Journalistes (CFJ) ,un reportage filmé en 16mm. Avec une modeste caméra Paillard Bolex mécanique 16mm, je commençais à réaliser dès 1969 mes premiers courts-métrages avec mes amis Henri Cazin, Alain Wieder, Jérôme Sinet et Dominique Noaille.

Le rêve, le merveilleux et la poésie étaient mes vecteurs d’inspiration déjà surréalistes. En effet, la lecture d’André Breton et la découverte du surréalisme illuminèrent ma vie. Mais j’étais éclectique et curieux, et je m’intéressais aussi bien à la littérature, à la musique, au cinéma, qu’à la science-fiction, à l’ésotérisme, la parapsychologie, l’histoire des religions, la psychanalyse et à l’automobile !

Je me posais la question de mon orientation. Je voulais devenir réalisateur et vivre cette révolution de l’audiovisuel qui était en marche. Je rencontrais alors Michel Random, écrivain et réalisateur de télévision, qui m’engagea comme assistant.

J’entrais ainsi par la petite porte à la télévision qui proposait alors seulement deux chaînes qui venaient de quitter le noir et blanc pour la couleur. »

Fabrice Maze entre à la télévision comme assistant-réalisateur de Michel Random et travaille sur les documentaires du magazine d’Italiques à France 2 sur le cinéma italien et l’Art visionnaire.

Il vit deux ans à Rome et rencontre les grands réalisateurs de l’Age d’or du cinéma italien. L’élégance aristocratique de Visconti, l’humour de Scola et Comencini, l’imaginaire et la truculence de Fellini ont influencé durablement l’esprit de ses réalisations.

Documentaliste pendant trois ans à la télévision, Fabrice Maze est enfin homologué « réalisateur de télévision » en 1978. Il commence donc sa carrière en réalisant des documentaires scientifiques et littéraires, des magazines et de nombreuses réalisations multi-caméras de variétés et de musique classique.

Ses réalisations les plus notables sont les documentaires dramatisés À la recherche de la jalousie (TF1), Pardonnez-nous nos enfances (TF1), Le Lys (Antenne 2), sa collaboration aux émissions Temps X (TF1), Fantasy (Antenne 2, Les Enfants du rock, La vie à coeur (FR3), Objectif Tintin (FR3) et la série consacrée au Centenaire de l’automobile française Du Teuf-Teuf au Turbo (Antenne 2).

« Ma vie à Rome, dix ans après le film la Dolce Vita, était à la mesure des regards que les grands réalisateurs italiens comme Federico Fellini, Luchino Visconti, Vittorio de Sica, Roberto Rossellini, Pier Paolo Rossellini, Luigi Comencini, Francesco Rosi, et Ettore Scola, portaient sur la vie italienne.

Une journée dans les décors abandonnés d’Amarcord à la Cinecitta me transportait dans l’univers merveilleux de Fellini. Je me souviens d’un entretien avec Vittorio de Sica au crépuscule de sa vie qui s’effondrait en larmes en avouant qu’il avait perdu son temps à réaliser des films trop superficiels.

Et pourtant, ses oeuvres resteront à jamais des classiques du cinéma italien. À Rome, tout était techniquement possible et il nous arrivait de travailler sur un banc-titre jusqu’à deux heures du matin dans le Trastevere. Les italiens avaient un sens innée de l’adaptation et de l’improvisation.

Ce qui n’était hélas pas le cas de la télévision à Paris dont l’administration très lourde était issue de l’ORTF. Les programmes se fabriquaient aux Buttes Chaumont et à Cognacq-Jay, bâtiments aujourd’hui remplacés par des immeubles d’une grande banalité. Les « Buttes » ressemblaient à une grande piscine et ses studios accueillirent les émissions les plus emblématiques des années 70.

Se déplacer dans les coursives de Cognacq-Jay était une véritable initiation pour le jeune réalisateur que j’étais. Les génériques étaient fabriqués à la main et toute modification, quasiment inévitable, était délicate et une boîte de chocolat ou une bouteille de vin arrangeaient bien les choses !

Je travaillais, comme tout le monde, avec de la pellicule 16mm et Cognacq-Jay disposait de son propre laboratoire de développement. Mais le moindre trucage ou banc-titre nécessitait beaucoup de préparation et de patience. En ce temps-là, la production était intégrée et une fois adopté et rompu aux étapes de la production, il était facile de travailler.

Ce n’était pas rare qu’un réalisateur me téléphone pour le remplacer sur une émission. J’ai donc appris sur le tas et je me souviens de Georges Barrier, grand réalisateur d’émissions de variétés, qui m’invitait à ses enregistrements pour que je m’initie à la réalisation multi-caméras.

Mais tout était laborieux et parfois cocasse. Lors de mes réalisation des plateaux de Temps X dans son décor de navette spatiale, il était de coutume de tourner uniquement quand tout le personnel technique fortement syndicalisé était au complet.

L’absence d’un machiniste bloquait l’enregistrement. Souvent, il fallait le chercher à la cafétéria du dernier étage ! Pour moi, travailler à la télévision était une chance et un honneur à un moment où le cinéma avait peu de considération pour les techniciens et réalisateurs des deux chaînes de télévision.

Les temps ont bien changé ! S’il est désormais facile de monter sur son ordinateur équipé du logiciel adéquat, dans les années 70, il fallait beaucoup de patience.

Je me souviens d’un monteur, qui ressemblait plus à un fonctionnaire qu’un passionné de l’image, qui chaussait ses charentaises pour se mettre au travail sur sa table de montage spartiate qui s’appelait Atlas !

Comme il vendait des affiches de cinéma, nous étions souvent dérangés par des acheteurs avec lesquels il passait un bon moment à déballer son stock ! »

Après la privatisation de la télévision lors du premier septennat de François Mitterrand et le lancement de nouvelles chaînes, Fabrice Maze continue à réaliser de nombreuses émissions pour l’ensemble du Paysage Audiovisuel Français (PAF).

Il commence à travailler pour le privé en réalisant des institutionnels, coordonnant des conventions et en réalisant des clips.

En effet, Gonzague Saint Bris l’engage pour réaliser la série des clips culturels produit avec du mécénat et sous le haut patronage du Ministère de la Culture et de la Communication.

Il continue également son travail sur l’histoire de l’automobile sportive en France comme auteur-réalisateur en réalisant plusieurs documentaires sur les marques Alpine et Matra Sports.

« Ma rencontre avec Gonzague Saint Bris m’a permis de réaliser de beaux documentaires-dramatisés. Homme de radio, de télévision, critique littéraire, journaliste, écrivain, historien, grand bateleur médiatique, il incarnait «le romantisme absolu » qui se voulait le bréviaire d’une génération qui rejetait la médiocrité et qui cherchait un idéal dans une sorte de chevalerie de l’impossible.

Il m’a accompagné de son indéfectible amitié et fidélité en me sollicitant pour ses aventures audiovisuelles. Ce Verseau épris de modernité avait eu l’idée des clips culturels, format courts dessinés au grand public.

S’il a prêté le flanc à la critique par sa trop grande exposition médiatique, il était un homme aux nombreux talents. Je me souviens sa facilité à écrire les textes des documentaires sur un coin de table dans un café et de trouver la phrase ciselée, la formule séduisante et élégante, le mot d’esprit au fil de la plume.

Sa générosité et son enthousiasme me manquent. La beauté de mon métier vaut par la qualité des rencontres.

Ma passion pour l’automobile et pour l’histoire du sport automobile en France m’a fait rencontrer les acteurs du renouveau du sport automobile après-guerre.

Comme un rêve d’enfant, je rencontrais Jean Rédélé, Jean-Luc Lagardère, les fondateurs d’Alpine et de Matra-Sports, et les pilotes de rallyes et de circuit, les techniciens, les ingénieurs et les mécaniciens.

Outre sept documentaires sur l’histoire d’Alpine, et deux sur Matra-Sports, je me suis intéressé aux véhicules révolutionnaires et atypiques comme l’Espace, le monospace inventé par un homme d’esprit, original, esthète et novateur qu’est Philippe Guédon.

Je porte également une vive admiration pour la marque Citroën qui nous a offert des automobiles révolutionnaires comme la Traction, la 2 CV et la DS. Je n’oublie pas pour autant de si belles marques comme Bugatti, Voisin, Hispano-Suiza et Delage.

Pour moi, l’automobile fut un instrument de liberté, l’objet de développements techniques les plus avancés, le reflet des modes et de l’évolution sociale et économique et aussi un objet d’art qui s’apparente à la sculpture. Oui, nous avons oublié trop rapidement tout ce que l’automobile a apporté au XXème siècle. »

De 1997 à 2004, Fabrice Maze réalise quatre documentaires sur Sainte Thérèse de Lisieux. Cette figure spirituelle qui a marqué plusieurs générations aussi bien en France qu’à l’étranger, et dont la vie fut exceptionnellement courte, est un mystère qu’il a tenté d’approcher.

En 1999, la jeune société grenobloise Seven Doc dirigée par Séverine Gauci lance sa première collection La voiture de leur vie en partant d’un constat simple: les marques automobiles françaises se désintéressent de leur histoire et il est urgent de mettre en mémoire les acteurs de cette saga. Plus que l’aspect technique, ce sont les moments de vie intense que les hommes ont partagé à bord d’une automobile de leur choix.

Par ailleurs, Aube Breton-Élléouët, la fille d’André Breton et de Jacqueline Lamba, lui propose de tourner en 1993 le film sur l’atelier de son père du 42, rue Fontaine. Suite à la dispersion de ce lieu magique et historique à Drouot en 2003, elle décide alors de lancer la collection Phares dédiée aux artistes de sensibilité surréaliste.

Le film sur l’atelier L’oeil à l’état sauvage, l’atelier d’André Breton, complété d’une courte biographie André Breton, malgré tout constituent le premier coffret de la collection contenant un DVD et un repère biographique de 88 pages.

De 2005 à 2025, Fabrice Maze réalise pour la collection Phares les films suivants : Robert Desnos, Yves Tanguy, Marcel Duchamp, Wifredo Lam, André Masson, Jacques Hérold, Victor Brauner, Claude Cahun, Kay Sage, Daniel Cordier, René Magritte et Roberto Matta.

Par ailleurs, il continue son travail de mémoire et d’enregistrement des témoins de l’histoire de la marque automobile Alpine ainsi que les artistes, écrivains, peintres de l’histoire du surréalisme et en particulier des amis de Roberto Matta.

«  On peut dire que j’ai été interpellé par la petite Thérèse. Je me suis vite aperçu que l’image que l’Église catholique donnait d’elle n’était pas celle que j’avais rencontrée.

Les hagiographes mettent en avant sa souffrance, ses sacrifices, et une forme de naïveté due à sa jeunesse. Les statues un peu « nunuches », la représentant un bouquet de roses dans les mains, me semblaient bien loin de ce qu’elle était.

J’ai voulu montrer son sens de l’art et de la beauté, son amour de la nature et des animaux, la simplicité et la modernité de son message, son sens de l’humour, sa joie, son enthousiasme et son extrême sensibilité.

La petite Thérèse n’est pas une figure spirituelle inaccessible, sévère, doctorale et compassée, non, c’est une tendre amie qui parle un langage simple compréhensible par tout le monde. Elle a une vocation universelle. Comme elle l’écrivait si justement: « Je n’ai jamais cherché que la vérité ».

Si certains ont pu s’étonner de ce grand écart entre Sainte Thérèse et le surréalisme, je leur répondrais que je suis libre de vivre mes passions comme il me plaît, sans appartenir à des écoles de pensées, sans m’enfermer dans des dogmes, sans exclure et juger. Je vois la beauté et la lumière où elle est, sous toutes ses formes.

Le surréalisme, comme l’astrologie, est une autre de mes passions. Je me suis intéressé dès mon adolescence à ce mouvement émancipateur et révolutionnaire. Libérer l’homme, changer la vie, transformer le monde sont des mots d’ordre qui me conviennent.

« Chère imagination, écrivait André Breton, ce que j’aime surtout en toi, c’est que tu ne pardonnes pas. Le seul mot de liberté est tout ce qui m’exalte encore » La poésie, l’amour et le merveilleux ouvrent des champs exploratoire qui répondent à mes profondes aspirations.

La formidable ouverture de l’inconscient dans le domaine de l’art représente une étape incontournable de l’histoire de l’art au XXème siècle. André Breton, porteur de la grande clé qui ouvre les portes du mystère, guetteur des châteaux étoilés, doué d’un regard visionnaire, a su s’entourer de créateurs exceptionnels.

La collection Phares, initiée grâce à la générosité d’Aube Breton-Élléouët, offre aux générations actuelles et futures des portraits d’artistes remarquables dont les moins connus ne sont pas les moins intéressants. Ces rencontres au-delà du miroir me donnent une joie indicible.

Ces hommes et femmes que j’ai choisis sont devenus des amis et je suis heureux de pouvoir faire perdurer leur mémoire. Je me suis aperçu, au fil de ces rencontres, que je suis un transmetteur de mémoire et je revendique pleinement ce rôle. Ce que j’ai fait, ce que je n’ai pas fait, je vous le donne »